Elodie MARCHAND : Bonjour Marie GERMANOS, bonjour Pascal MAS, vous venez tous les deux de répondre à une interview conduite par un journaliste d'Europe 1 à propos de l'entrée au gouvernement de Frédéric MITTERRAND, pouvez-vous compléter votre point de vue ?
Marie GERMANOS : Bien sûr que veux-tu savoir ?
Elodie MARCHAND : Comment avez vous étés mis en contact avec Europe 1
Pascal MAS : C'est très simple, le journaliste m'a appelé pour me demander mon avis à propos de la nomination de Frédéric MITTERRAND au Ministère de la Culture, et comme il a été satisfait de ma réponse, il a voulu approfondir le sujet. Et j'avoue avoir été très impressionné par sa courtoisie et sa disponibilité. Et comme il recherchait aussi un avis différent, je lui ai conseillé de prendre contact avec Marie.
Elodie MARCHAND : Et quels sont vos deux points de vue alors ?
Marie GERMANOS : Moi je n'ai rien contre Frédéric MITTERRAND, c'est un garçon cultivé et talentueux. Il fera sans doute un excellent travail Place de Valois.
Pascal MAS : Je suis ravi de cette nomination, j'ai toujours eu beaucoup d'estime pour Freddo, et j'ai d'ailleurs tous ses livres dans ma bibliothèque.
Elodie MARCHAND : Du MITTERRAND dans ta bibliothèque ! Ca c'est un scoop !
Pascal MAS : j'ai aussi ceux de son oncle, mais ceux là, je les laisse bien tranquilles sous la poussière.
Elodie MARCHAND : En fin de compte, vous êtes tous les deux d'accord, alors pouquoi vous avoir interrogés.
Marie GERMANOS : Ce qui intéressait le journaliste d'Europe 1 c'est de confronter les avis d'un militant favorable à l'ouverture pronée par le Président de la République, et d'une militante plus réservée.
Elodie MARCHAND : Et qu'en est-il ?
Marie GERMANOS : Elodie, tu sais que je suis une chiraquienne convaincue et indécrottable, alors voir arriver dans le gouvernement des gens de gauche, ça m'a fait frissonner.
Pascal MAS : Pour ma part, je suis un Sarkozyste aussi convaincu, et adepte de la rupture. Cette nouvelle forme de gouvernance mise en place dès le début de son mandat par Nicolas SARKOZY est une révolution dans les (mauvaises) habitudes prises au cours des 30 dernières années. Le Président choisit de s'entourer de celles et ceux qu'il estime les plus compétents pour la fonction, et non plus en fonction des amitiés personnelles, des tendances politiques ou des résultats électoraux.
Elodie MARCHAND : Pascal, tu n'as jamais douté du bien-fondé de cette politique ?
Pascal MAS : Oh que si ! Surtout au début ! Voir arriver Bernard KOUCHNER au Quai d'Orsay, ça n'a pas été du plus drôle pour moi.
Elodie MARCHAND : Pourquoi ?
Pascal MAS : Parce que l'administration du Kosovo par Bernard KOUCHNER, je ne l'ai pas encore digérée, mais par ailleurs quand on voit ce qu'est devenue cette pauvre province serbe, on peut avoir raisonnablement la nostalgie de la gestion KOUCHNER.
Elodie MARCHAND : Et maintenant ?
Pascal MAS : Je suis un de ses plus fervents admirateurs !
Elodie MARCHAND : Et toi Marie ?
Marie GERMANOS : Ce que dit Pascal est vrai, nous avons eu des débats à propos de l'ouverture, certains ont même rendu leur carte de l'UMP à ce moment là. Mais force est de constater qu'Eric BESSON, Fadela AMARA, Rama YADE, Jean-Pierre JOUYET, Jean-Marie BOCKEL et les autres travaillent avec ardeur et fidélité au Président et mettent en oeuvre sans grincements, les réformes que nous attendions.
Elodie MARCHAND : Pascal, qu'est ce qui te fait rire à propos de Jean-Pierre JOUYET ?
Pascal MAS : Il était dans la même promotion à l'ENA que Dominique de VILLEPIN, François HOLLANDE et Ségolène ROYAL. Le Président SARKOZY a choisi le meilleur et laissé les nuls à la porte !
Elodie MARCHAND : Et vlan ! tu as l'air en forme ...
Marie GERMANOS : Comme j'ai dit à Europe 1, pour moi le nom de MITTERRAND était un répulsif total, mais Frédéric est victime du proverbe: "La différence entre la famille et les amis, c'est que les amis on les choisit, la famille on la subit"
Elodie MARCHAND : Et toi Pascal ?
Pascal MAS : Moi, le 10 mai 1981 quand j'ai vu la tête de MITTERRAND (et celle d'ELKABBACH) à la télévision, j'ai cherché sur l'annuaire l'adresse du RPR et j'ai adhéré le 11 à 9h30. L'allergie au nom de MITTERRAND était comparable à celle de Marie.
Elodie MARCHAND : Alors tous les deux, que souhaitez-vous à Frédéric MITTERRAND ?
Marie GERMANOS : Qu'il fasse un peu le ménage dans ce ministère qui est devenu un guichet à subventions plutôt qu'un vrai moteur d'impulsions culturelles. Et qu'un peu plus de budgets soient consacrés à la sauvegarde de notre patrimoine plutôt qu'aux fetivals de rap.
Pascal MAS : J'ai envie de dire à Freddo : "Reste toi-même, réveille ce minstère par ton intelligence et ta créativité, refais de la Place de Valois un phare de la Culture Universelle"
Elodie MARCHAND : Pascal, c'est presque une déclaration d'amour que tu fais là !
Pascal MAS : Je suis un groupie de Frédéric MITTERRAND, je n'ai pas à le cacher.
Marie GERMANOS : Moi j'aimais bien ses émissions de télévision, les portraits des personnalités, et surtout cette pureté de la langue française qu'il employait. Je suis une Franco-Libanaise née en Afrique, alors la langue française pratiquée par Frédéric MITTERRAND c'est pour moi du pur plaisir.
Pascal MAS : Moi aussi je suis un français d'outre-mer; du Pacifique. Et mon île, la Nouvelle Calédonie est un petit morceau de Francophonie dans un océan sino-anglophone, alors tu comprends pourquoi je suis aussi sensible que Marie à cet aspect. Marie vient de parler des émissions de telévision produites et présentées par Freddo. Je garde un souvenir inaliénable d'une d'elles.
Elodie MARCHAND : Raconte ...
Pascal MAS : Calme-toi Elodie, tu n'auras pas de scoop ! Il y a quelques années, Freddo présentait une émission qui s'appelait : "C'est votre vie" au cours de laquelle un invité voyait défiler toute sa vie. Ce soir là, Freddo avait invité le Général BIGEARD, l'homme le plus décoré de l'Armée Française. Et le Freddo, par son esprit et par sa sincérité, avait réussi à faire pleurer d'émotion Marcel BIGEARD ! Quand on arrive à tirer une larme à Bruno et qu'on s'appelle MITTERRAND, je peux te dire qu'il faut être gonflé (Marcel aurait dit autre chose ...) . Et Freddo l'a fait, avec amour et respect, tant il avait réussi a créer un pont entre l'Ancien d'Indo et le neveu de qui-tu-sais ...
Elodie MARCHAND : Bon, si j'ai bien compris, je n'arriverai pas à vous faire dire quoi que ce soit défavorable à la nomination de Frédéric MITTERRAND au Ministère de la Culture .
Marie GERMANOS : Pascal, tu veux répondre ?
Pascal MAS : Oui, chère Elodie, pour le purin et la fange tu peux t'adresser rue de Solférino, ils sont devenus spécialistes. Et en ce qui concerne Frédéric MITTERRAND, le nom distingue bien l'homme de la fonction.
Elodie MARCHAND : Ouah ! Bonjour l'ambiance ...
Marie GERMANOS : Pour tempérer ce que vient de dire Pascal (mais tu le connais!) je voudrais te rassurer : ce que pensent les Socialistes de la composition du Gouvernement ne nous intéresse pas. Nous , les vrais militants de l'UMP nous soutenons le Président de la République, le Premier Ministre, son Gouvernements et ... surtout, en cette période de crise, l'Autorité de l'Etat pour agir pour sauver notre pays d'un cataclysme dont nous sommes étrangers *
Elodie MARCHAND : Vous êtes tous les deux des militants convaincus, et actifs, pourquoi n'êtes vous pas reconnus comme tels ?
Marie GERMANOS : Pascal, tu veux répondre ?
Pascal MAS : Ma chère Elodie, c'est un autre débat que tu engages; le principal c'est que la rédaction d"Europe 1 ne se soit pas trompée, et qu'elle envoie ses reporters interroger les authentiques militants UMP du 20ème arrondissement. Les autres considérations ne nous intéressent pas.
Elodie MARCHAND : Merci à vous deux pour ces précisions
Marie GERMANOS : Merci à toi Elodie, et tous mes voeux de succès pour tes examens
Pascal MAS : Quand je pense que bientôt tu seras journaliste, j'en ai déjà des nausées ... Mais je te souhaite quand même le plus rapide succès !
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